« LES RÉSEAUX SOCIAUX, AU CŒUR DES WEB-SÉRIES » ? OU « LES WEB-SÉRIES, AU CŒUR DES RÉSEAUX SOCIAUX » 

Avec le phénomène de la web-série qui envahit de plus en plus nos écrans et les réseaux sociaux, on pourrait penser que le titre le mieux adapté serait : « LES WEB-SÉRIES, AU CŒUR DES RÉSEAUX SOCIAUX ». Mais comme vous l’auriez deviné avec l’intitulé de cet article, les réseaux sociaux jouent un rôle plus considérable pour les web-séries, que celui de simple diffusion. La popularité, le partage, la communauté de fans, l’interactivité, la réalisation et même le financement … tous ces points sont essentiels pour quiconque veut lancer sa web-série : amateur ou professionnel.

7706761d-3af9-438f-90e8-c6718cea55eb.png

L’engouement de ces vidéos virales s’explique par le choix d’un sujet attractif, un format court et adapté au web avec un accès totalement gratuit. Comment ? Les réseaux sociaux se présentent comme les plus appropriés, d’où cette facilité de partage. Le principe ? Divertir mais aussi attirer l’attention de l’internaute et le fidéliser, spécialement la génération Y de 15-30 ans.

Les réseaux sociaux, ou le bouche-à-oreilles virtuel 2.0

Les médias sociaux attirent l’attention, permettent de partager et de communiquer. L’amateur et le professionnel l’ont bien compris, c’est pour cela qu’ils ciblent en premier ces moyens de communication. Plus une web-série est présente sur les réseaux sociaux, plus elle a de chance à se faire connaitre, se créer une importante communauté de fans et ainsi les fidéliser.

Youtube est le leader de partage de vidéos sur le web. C’est en quelque sorte son propre réseau social. Vous créez votre chaîne (qui sera également votre nom d’utilisateur), vous pouvez commenter, aimer (ou pas) une vidéo, la partager et même interagir avec d’autres abonnés. Cependant, briller parmi plus d’un milliard d’utilisateurs (un tiers des internautes du monde entier *) n’est pas chose facile. L’enjeu ? Se démarquer parmi ce nombre démesuré de vidéos et de Youtubeurs, qui représentent plus de 2 milliards de visionnements par jour.

« Si trois des plus grandes chaînes de télévision américaines avaient diffusé des émissions 24 heures par jour, 7 jours par semaine, 365 jours par an depuis 60 ans, elles n’auraient pas diffusé autant de programmes qu’il n’en est mis en ligne sur Youtube en 30 jours. »

– Hunter Walk, Directeur produit de Youtube

Pour atteindre un public et l’amener à regarder et à suivre ses vidéos, il faut instaurer une certaine proximité avec lui. Twitter, Facebook, Instagram, Pinterest, Vine… tous ces réseaux sociaux sont là pour ça. Les fans en veulent toujours plus et attendent des créateurs de la web-série d’être dynamiques en publiant plus de contenus en rapport avec celle-ci.

« Dans la masse du web, les réseaux sociaux proposent des contenus ciblés, qui correspondent aux goûts des utilisateurs – qui activent le bouche à oreille virtuel. »

– Béatrice Catanese, journaliste Les inRock

Sur Facebook, les créateurs peuvent par exemple partager les biographies des acteurs, des interviews, annoncer des concours ou même des informations personnelles. Sur Instagram les acteurs peuvent partager des photos inédites ou des vidéos de tournages. Sur Twitter les créateurs (acteurs ou personnels de la web-série) peuvent répondre aux questions des internautes, donner des anecdotes durant le filmage et ainsi interagir directement avec eux… etc.

Non seulement cette communication à travers ces médias sociaux permet à la web-série d’être plus visible sur internet et de gagner en popularité, mais elle permet aussi à son créateur de construire sa propre image de marque et un lien particulier avec les fans.

Arte lance « 60 secondes » (réalisée par Hélène Lombard) en 2011, la première web-série diffusée exclusivement sur la page facebook , tous les jours à 19h01.

« Sur Youtube, on est invisible. Facebook offre une vraie mécanique virale. »

« Nous sommes les premiers sur ce créneau et nous créons de la rareté, car les vidéos ne sont pas disponibles partout »

Karina Testa, l’actrice principale

Des web-séries de plus en plus interactives

Lorsque une communauté de fans atteint une certaine ampleur, on estime qu’il est important de rendre l’interactivité plus signifiante. Par exemple, les faire participer au déroulement de l’histoire et les inclure dans le processus créatif. Cette mobilisation se fait encore une fois à travers les réseaux sociaux, où les réalisateurs les sollicitent directement. C’est grâce à ce lien établit que cela est possible.

Cette invitation est bien entendu dans l’intérêt de la web-série. Grâce à une communauté fidèle de fans actifs, les réalisateurs (amateurs et professionnels) peuvent profiter de cette proximité instaurée pour en tirer des avantages. La web-série « Noob » a pu rassembler sur la plateforme de crowdfunding Ulule, la somme de 66 700€ en une journée (et 682 161€ en 70 jours).

« Et Caetero » (réalisée par Fabien Migliore et Simon Pensjvy), est une web-série collaborative dont chaque épisode est écrit sur propositions des fans de la page Facebook. La première saison a reçu le prix de la meilleure réalisation au festival argentin Bawefest.

4f41190e-d95f-4cbc-9bb4-c5f9057f1314.png

e1590c5e-2be4-4117-ba79-cf9b70e7ae4e.png

« La Kolok » est un nouveau genre de web-série interactif et transmédia, diffusée sur Youtube narrant le quotidien de quatre colocataires, Marilou, Sofian, Emma et Romain, qui abordent avec humour des thématiques citoyennes. Elle permet à l’internaute d’intervenir dans le déroulé des épisodes grâce à des arrêts sur image, pour qu’il choisisse la suite de l’histoire. Il peut aussi intervenir dans un édifice labyrinthique fondé sur de multiples supports :web-fiction interactive, réseaux sociaux, jeu de société, webcams, blogs, podcasts, etc.

0d37c855-19cd-4075-80f3-9f7d45eea475.png

Et la dimension sociale dans tout ça ?

Pourtant, ce que cherche un internaute, c’est avant tout un lien de sociabilité et de proximité avec ses proches ou des personnes qui partagent des sujets de discussion commun. Il transforme donc cette expérience personnelle en activité collective grâce aux réseaux sociaux, en partageant ses impressions et en se retrouvant avec d’autres internautes pour débattre de ce qu’ils voient. Ce lien social se crée à travers la composition de cette communauté de fans.

Une fois l’internaute intégré à cette communauté de fans, il pourra ainsi y trouver tous les avantages dont il recherche. Les médias sociaux sont donc dans son intérêt : le partage d’informations, la communication (entre fans), les actualités… tous ce qui peut créer ces liens de sociabilité.

Jusqu’où cet engouement peut aller…

L’usage des réseaux sociaux au sein des web-séries connait tout de même des limites. Même les bons concepts s’épuisent et comme on l’a vu précédemment, les fans en veulent toujours plus. La répétition des publications de même type est un des risques qu’encourent ces pratiques : lasser la communauté existante, ce qui revient à perdre sa popularité. Une fois qu’elle aura « fait le tour », le côté inédit de la web-série s’estompera et la magie s’effacera. On l’a tous expérimenté au moins une fois, le plus souvent, l’engagement des premiers épisodes est plus intense et se voit sur les premières publications, contrairement aux derniers.

De plus, une des caractéristiques des réseaux sociaux à ne pas négliger est l’instantanéité et la viralité.Si l’internaute ne fait pas attention à ce qu’il dit ou ce qu’il poste, cela peut provoquer des réactions extrêmes, créer des controverses et se retourner contre lui ou même contre la réputation de la web-série.

3ed77943-78d3-40f5-bdd0-52f8cbc04deb.png

Le choix du titre « Les réseaux sociaux au cœur des web-séries » n’est pas dû au hasard. Les avantages qu’apportent ces outils sont plus nombreux que les inconvénients. Leur présence est cruciale pour l’élaboration d’une web-série d’amateurs ou de professionnels, que ce soit sur le plan social, financier, narratif ou l’e-réputation. Aujourd’hui, ce ne sont plus les réseaux sociaux qui cherchent du contenu attractif pour affirmer leur place, mais ce sont bien les concepteurs de contenus qui cherchent les réseaux sociaux pour se créer une place. Chaque réseau social est comme une pièce d’un moteur, qui est la communauté ciblée. Sans ça, le dispositif ne fonctionnera pas (la web-série).

Lysiane Raveloarison